Comment vont nos forêts ?

Le 14/11/2019 - Bourgogne-Franche-Comté

Le début du mois de juin a été marqué par une canicule exceptionnellement intense et précoce (39,7°C à Paray-le-Monial (71), 39,0°C à Nevers (58), Jusqu’à 28°C à 1700 m d’altitude dans le Jura. Il présente par rapport aux normales, un excédent thermique de 2,5°C (+ 4 °C en altitude), un déficit pluviométrique de 50% en Bourgogne.

Les mois de juillet et août ont continué à présenter de fortes chaleurs, et ce sur l’ensemble du territoire. Quant au mois de septembre, il a été marqué par un déficit pluviométrique conséquent : -50 % à -70 % par rapport aux normales, et des températures toujours excédentaires de 1,5°C en moyenne.

Ces mois de déficit hydrique ont été suivis ces dernières semaines par le retour d’une forte pluviométrie (Jura/Vosges : 300 à 400 mm en 1 mois).

Ces événements climatiques, qui succèdent à une année 2018 classée comme la plus chaude depuis 1900, et avec l’été le 2ème plus chaud depuis 2003, cumulés à des épisodes locaux de chaleur et de sécheresse sur la période 2015-2017, ont des incidences de plus en plus fortes sur les forêts de la région.

Sur résineux

L'Epicéa
Scolytes sur épicéa :
la situation reste épidémique dans la région sauf en altitude (Haut-Jura essentiellement),

Le Sapin pectiné
scolytes et pissodes : poursuite voire amplification des rougissements sur toute la région, en particulier à basse altitude suite aux stress hydriques qui ont fortement affaibli les sapinières ce qui a favorisé les ravageurs du sapin : scolytes du sapin (spinidenté, curvidenté, cryphale,…) et pissodes. Si les conditions climatiques reviennent à la normale, les attaques devraient s’atténuer voir disparaitre.

Le Pin
les attaques de parasites de faiblesse (pissode, bupreste…) ont pu provoquer des dépérissements de pinèdes. Les conditions climatiques ont été largement favorables à la processionnaire du pin cette année sur l’ensemble du territoire. Le front en Bourgogne-Franche-Comté reste stable.

Le Douglas
Rougissements de douglas adultes : suite aux stress hydriques subis en 2018 et en 2019 continuent d’être observés en région. Des jeunes plantations (moins de 12 ans) et des régénérations naturelles ont dépéri suite aux fortes chaleurs. Des nécroses corticales sont également observables.
La cécidomye du douglas : petite mouche américaine, originaire de l’aire naturelle de répartition du douglas, jusque-là observée en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en région Grand Est depuis 2015 a fait son apparition dans notre région début octobre, au nord de la Haute-Saône, à la frontière avec les Vosges. Elle a également été repérée en Côte d’Or (secteur de Châtillon, Montbard) et dans l’Yonne (secteur de Joigny). Les larves de cette mouche se développent dans les aiguilles de l’année, engendrant leur coloration, leur déformation, puis leur chute prématurée. Elle ne provoque pas une mortalité directe mais peut avoir des impacts sur la croissance, la vigueur et la vitalité des individus.

Sur feuillus

L’année 2018 a été particulièrement favorable à certains défoliateurs des feuillus (bombyx cul-brun et disparate, processionnaire du chêne).

Le chêne
Le  Bombyx
disparate a sévi essentiellement en Val-de-Saône essentiellement dans l’est de la Côte d’Or et l’ouest de la Haute-Saône. On a relevé des défoliations totales dès le mois de juin sur plusieurs dizaines d’hectares de chênaies.
La Processionnaire du chêne concerne particulièrement l’Yonne, le Nord de la Côte d’Or et le Nord de la Haute-Saône. Les défoliations ont été limitées.

Le buis
Deux générations de pyrale se sont succédées cette année avec une dynamique moins prononcée que l’année précédente, la ressource étant moins abondante. Les derniers vols de papillons ont pu être observés fin octobre et les chenilles de la seconde génération sont majoritairement entrées en hibernation.
Les fronts sont concentrés en Côte d’Or et sur le Jura Sud aux confins du Haut-Jura.
Des placettes semi-permanentes ont été mises en place pour suivre la réaction des buis face aux défoliations totales.

Le hêtre
Des mortalités de hêtres adultes (et, dans une moindre mesure, de charmes et de chênes) se sont révélés au printemps. On a observé un retard voire une absence de débourrement, des mortalités de branches une dégradation du houppier, des suintements corticaux…
Ces dépérissements se concentrent sur un axe allant de Montbéliard à Gray et s’étendent sur le Nord de la Haute-Saône, et ce sur plusieurs milliers d’hectares. Ces phénomènes s’observent aussi dans le canton du Jura suisse et en Allemagne. Ils sont généralement liés à des sols à faible réserve utile.

 

Sur l’ensemble des forêts de Bourgogne-Franche-Comté, la plus grande vigilance est de mise au printemps prochain.

N’hésitez pas à signaler tout problème aux correspondants-observateurs du Département de la Santé des Forêts (DSF).

liste des correspondants-observateurs du DSF BFC