Le maintien et l’amélioration de la qualité des eaux superficielles et souterraines constituent un défi majeur à relever dès à présent et dans les années à venir.

Pour y parvenir la préservation et la restauration des zones humides, et de tous les milieux associés aux eaux superficielles, représentent une étape incontournable.

L’arbre, véritable filtre naturel, joue ici tout son rôle, qu’il soit constitutif de la ripisylve et donc tout au contact de la rivière, ou situé dans un peuplement forestier de vallée alluviale.

Enfin, les forêts alluviales anciennes constituent de véritables reliques à préserver et à étudier, car la compréhension de leur fonctionnement pourrait nous aider à mieux gérer la forêt alluviale de demain, dans l’objectif de la rendre plus efficace dans son rôle d’épuration et de rétention des eaux, de protection de la biodiversité, et plus résiliente face aux effets des changements climatiques.

 

Les questions posées au travers de l’étude FRAPVAL étaient les suivantes :

  • Peut-on valider le concept de forêt et ripisylves anciennes dans les petites vallées alluviales ?
  • Quelles sont les différences en termes de qualité écologique entre ripisylve ancienne et récente ?
  • Comment gérer durablement ces milieux ?
Ripisylves3
  • Le projet FRAPVAL est ciblé sur des vallées de largeur modeste, dans lesquelles le concept de forêt ancienne a été peu étudié, à la différence des grandes vallées comme celle de la Seine par exemple.  Il s’articule autour des actions suivantes :

    • Valider le concept de forêt ancienne dans les petites vallées étudiées, en comparant la flore des vallées identifiées comme anciennes,  à celle des vallées identifiées comme récentes.
    • Tester le concept de ripisylve ancienne en comparant la biodiversité floristique et celle des macroinvertébrés aquatiques des ripisylves anciennes et récentes.
    • Sensibiliser les propriétaires et gestionnaires forestiers à la gestion durable de ces milieux, en tenant compte de la typologie de la propriété sur la zone d’étude.

    • Comparer par inventaire de la flore sur des placettes matérialisées sur le terrain, 12 sites de forêt récente avec 12 sites de forêt ancienne (identifiés au préalable par étude des cartes d’Etat-Major puis photo-interprétation).
    • Cartographier les forêts et ripisylves des vallées de Puisaye
    • Etudier la faune aquatique sur 8 des 24 sites retenus.

  • Le constat
    • Le concept de forêt ancienne et de ripisylve ancienne a bien été validé, car les espèces de la flore indicatrice de ces milieux, figurant sur des listes de référence nationale ont bien été inventoriées.
    • L’aulne glutineux est bien présent en forêt récente, plus humide, tandis que le charme se trouve dans les forêts anciennes.
    • Les espèces patrimoniales comme l’Osmonde royale, se trouvent en forêt récente.
    • Sur la surface totale étudiée soit 5 650 ha, seuls 83 ha ont été validés en tant que forêt alluviale ou ripisylve anciennes en bon état.
    • Sur l’ensemble des petites vallées étudiées, c’est celle du Tholon qui possède le caractère forestier le plus affirmé et par conséquent la plus forte proportion de peuplements anciens.
    • En termes de faune aquatique, la qualité écologique des sites étudiés s’est globalement dégradée en comparaison du dernier inventaire connu.

    Les préconisations pour la gestion de ces milieux
    • Préserver* les ripisylves anciennes, véritables réservoirs d’espèces caractéristiques  de ces milieux, et conserver** les forêts alluviales anciennes en y gérant durablement les espèces naturellement en place.
    • Préserver les forêts alluviales et ripisylves récentes les plus humides car ce sont elles qui contiennent le plus d’espèces patrimoniales.
    • Conserver les ripisylves récentes au contact de peuplements anciens car elles servent de connexion et  facilitent la dissémination des espèces animales et végétales.
    • Gérer durablement toutes les autres ripisylves et forêts alluviales récentes, car elles participent toutes à l’amélioration de la qualité de l’eau et à la préservation de la biodiversité.
    *préserver : maintenir l’état le plus naturel possible.
    **conserver : exploitation de bois possible, en préservant le bon état écologique.

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